Le firmament est pur, et les constellations brillent de cet éclat intense que leur donnent les froides nuits de l'hiver.
À l'horizon, vers le nord-ouest, comme une ligne lumineuse, se montrent les feux de position des navires.
À diverses ébauches de blancheurs dans la direction du levant, j'estime qu'il doit être environ cinq heures du matin.
— 18 novembre. — Déjà, la clarté est suffisante, et je vais pouvoir compléter mes notes en relatant les détails de ma visite au laboratoire de Thomas Roch — les dernières lignes que ma main va tracer, peut-être…
Je commence à écrire, et, à mesure que des incidents se produiront pendant l'attaque, ils trouveront place sur mon carnet.
La légère et humide vapeur, qui embrume la mer, ne tarde pas à se dissiper au souffle de la brise. Je distingue enfin les navires signalés…
Ces navires, au nombre de cinq, sont rangés en ligne, à une distance d'au moins six milles, — conséquemment hors de la portée des engins Roch.
Une des craintes que j'avais est donc dissipée, — la crainte que ces bâtiments, après avoir passé en vue des Bermudes, n'eussent continué leur route vers les parages des Antilles et du Mexique… Non! ils sont là, stationnaires… attendant le plein jour pour attaquer Back-Cup…
En cet instant, un certain mouvement se produit sur le littoral.
Trois ou quatre pirates surgissent d'entre les dernières roches.
Les veilleurs de la pointe reviennent en arrière. Toute la bande
est là, au complet.
Elle n'a point cherché un abri à l'intérieur de la caverne, sachant bien que les bâtiments ne peuvent s'approcher assez pour que les projectiles de leurs grosses pièces atteignent l'îlot.