«Est-ce que Thomas Roch, demandai-je, vous a fait connaître la composition de son explosif?…

— Oui, monsieur Hart, — ne vous déplaise, — et bientôt nous en posséderons des quantités considérables, qui seront emmagasinées en lieu sûr.

— Et n'y a-t-il pas un danger… danger de tous les instants, à entasser de telles masses de cette substance?… Qu'un accident se produise, et l'explosion détruirait l'îlot de…»

Encore une fois, le nom de Back-Cup fut sur le point de m'échapper. Connaître à la fois l'identité de Ker Karraje et le gisement de la caverne, peut-être trouverait-on Simon Hart mieux informé qu'il ne convenait.

Heureusement, l'ingénieur Serkö n'a point remarqué ma réticence, et il me répond en disant:

«Nous n'avons rien à craindre. L'explosif de Thomas Roch ne peut s'enflammer qu'au moyen d'un déflagrateur spécial. Ni le choc ni le feu ne le feraient exploser.

— Et Thomas Roch vous a également vendu le secret de ce déflagrateur?…

— Pas encore, monsieur Hart, répond l'ingénieur Serkö, mais le marché ne tardera pas à se conclure! Donc, je vous le répète, aucun danger, et vous pouvez dormir en parfaite tranquillité!… Mille et mille diables! nous n'avons point envie de sauter avec notre caverne et nos trésors! Encore quelques années de bonnes affaires, nous en partagerons les profits, et ils seront assez considérables pour que la part attribuée à chacun lui constitue une honnête fortune dont il pourra jouir à sa guise… après liquidation de la société Ker Karraje and Co! J'ajoute que, si nous sommes à l'abri d'une explosion, nous ne redoutons pas davantage une dénonciation… que vous seriez seul en mesure de faire, mon cher monsieur Hart! Aussi je vous conseille d'en prendre votre parti, de vous résigner en homme pratique, de patienter jusqu'à la liquidation de la société… Ce jour-là, on verra ce que notre sécurité exigera en ce qui vous concerne!»

Convenons-en, ces paroles ne sont rien moins que rassurantes. Il est vrai, nous verrons d'ici là. Ce que je retiens de cette conversation, c'est que si Thomas Roch a vendu son explosif à la société Ker Karraje and Co., il a du moins gardé le secret du déflagrateur, sans lequel l'explosif n'a pas plus de valeur que la poussière des grandes routes.

Cependant, avant de terminer cet entretien, je crois devoir présenter à l'ingénieur Serkö une observation, très naturelle, après tout: