—Oui! C'est vingt-quatre heures à perdre!
—Vingt-quatre heures à perdre! s'écria Kéraban, mais j'entends ne pas en perdre dix, pas même cinq, pas même une!
—Cependant, fit observer le Hollandais à son ami, qui se montait déjà, s'il n'y a pas de chevaux?…
—Il y en aura!» répondit le seigneur Kéraban. Et sur un signe, tous le suivirent.
Un quart d'heure plus tard, ils atteignaient le relais et s'arrêtaient devant la porte.
Le maître de poste se tenait sur le seuil, dans la nonchalante attitude d'un homme qui sait parfaitement qu'on ne pourra l'obliger à donner ce qu'il n'a pas.
«Vous n'avez plus de chevaux? demanda Kéraban, d'un ton peu accommodant déjà.
—Je n'ai que ceux qui vous ont amenés hier soir, répondit le maître de poste, et ils ne peuvent marcher.
—Eh pourquoi, s'il vous plaît, n'avez-vous pas de chevaux frais dans vos écuries?
—Parce qu'ils ont été pris par un seigneur turc, qui se rend à
Kertsch, d'où il doit gagner Poti, après avoir traversé le Caucase.