Le juge Jarriquez déploya ce papier, il y jeta les yeux, puis il le retourna de manière à en examiner le recto et le verso, qui étaient couverts d'une assez grosse écriture.
«Un document, en effet, dit-il. Il n'y a pas à en douter. C'est bien un document!
—Oui, répondit Benito, et ce document, c'est celui qui atteste l'innocence de mon père!
—Je n'en sais rien, répondit le juge Jarriquez, et je crains que ce ne soit peut-être difficile à savoir!
—Pourquoi?… s'écria Benito, qui devint pâle comme un mort.
—Parce que ce document est écrit dans un langage cryptologique, répondit le juge Jarriquez, et que ce langage…
—Eh bien?
—Nous n'en avons pas la clef!
CHAPITRE DOUZIÈME LE DOCUMENT
C'était là, en effet, une très grave éventualité, que ni Joam Dacosta ni les siens n'avaient pu prévoir. En effet,—ceux qui n'ont pas perdu le souvenir de la première scène de cette histoire le savent—, le document était écrit sous une forme indéchiffrable, empruntée à l'un des nombreux systèmes en usage dans la cryptologie.