Mais lequel?
C'est à le découvrir que toute l'ingéniosité dont peut faire preuve un cerveau humain allait être employée.
Avant de congédier Benito et ses compagnons, le juge Jarriquez fit faire une copie exacte du document dont il voulait garder l'original, et il remit cette copie dûment collationnée aux deux jeunes gens, afin qu'ils puissent la communiquer au prisonnier.
Puis, rendez-vous pris pour le lendemain, ceux-ci se retirèrent, et, ne voulant pas tarder d'un instant à revoir Joam Dacosta, ils se rendirent aussitôt à la prison.
Là, dans une rapide entrevue qu'ils eurent avec le prisonnier, ils lui firent connaître tout ce qui s'était passé.
Joam Dacosta prit le document, l'examina avec attention. Puis, secouant la tête, il le rendit à son fils.
«Peut-être, dit-il, y a-t-il dans cet écrit la preuve que je n'ai jamais pu produire! Mais si cette preuve m'échappe, si toute l'honnêteté de ma vie passée ne plaide pas pour moi, je n'ai plus rien à attendre de la justice des hommes, et mon sort est entre les mains de Dieu!»
Tous le sentaient bien! Si ce document demeurait indéchiffrable, la situation du condamné était au pire!
«Nous trouverons, mon père! s'écria Benito. Il n'y a pas de document de cette espèce qui puisse résister à l'examen! Ayez confiance… oui! confiance! Le ciel nous a, miraculeusement pour ainsi dire, rendu ce document qui vous justifie, et, après avoir guidé notre main pour le retrouver, il ne se refusera pas à guider notre esprit pour le lire!»
Joam Dacosta serra la main de Benito et de Manoel; puis les trois jeunes gens, très émus, se retirèrent pour retourner directement à la jangada, où Yaquita les attendait.