«C'est une bonne action que vous avez faite là, dit Banks. Cela vous portera bonheur, monsieur Van Guitt!»

Banks ne savait pas dire si juste. La journée du 6 août devait récompenser le fournisseur, en lui procurant un des fauves qui manquaient à sa ménagerie.

Voici dans quelles circonstances:

Mathias Van Guitt, le capitaine Hod et moi, accompagnés de Fox, du mécanicien Storr et de Kâlagani, nous battions, depuis l'aube, un épais fourré de cactus et de lentisques, lorsque des hurlements à demi étouffes se firent entendre.

Aussitôt, nos fusils prêts à faire feu, bien groupés tous les six, de manière à nous garder contre une attaque isolée, nous nous dirigeons vers l'endroit suspect.

Cinquante pas plus loin, le fournisseur nous faisait faire halte. À la nature des rugissements, il semblait avoir reconnu ce dont il s'agissait, et, en s'adressant tout spécialement au capitaine Hod.

«Surtout pas de coup de feu inutile,» dit-il.

Puis, s'étant avancé de quelques pas, tandis que, sur un signe de lui, nous restions en arrière:

«Un lion!» s'écria-t-il.

En effet, à l'extrémité d'une forte corde, attachée à la fourche d'une solide branche d'arbre, un animal se débattait.