«Ce qui indique, fit observer John Cort, que le signe de dénégation et d'affirmation est instinctif et le même chez tous les humains… une preuve de plus que ces primitifs touchent de très près à l'humanité…»
Quelques minutes après, les visiteurs arrivaient dans un quartier du village plus ombragé où les cimes enchevêtraient étroitement leur feuillage.
Li-Maï s'arrêta devant une paillote proprette, dont le toit était fait des larges feuilles de l'enseté, ce bananier si répandu dans la grande forêt, ces mêmes feuilles que le foreloper avait employées pour le taud du radeau. Une sorte de pisé formait les parois de cette paillote à laquelle on accédait par une porte ouverte en ce moment.
De la main, l'enfant la montra à Llanga qui la reconnut.
«C'est là», dit-il.
À l'intérieur, une seule chambre. Au fond, une literie d'herbes sèches, qu'il était facile de renouveler. Dans un coin, quelques pierres servant d'âtre où brûlaient des tisons. Pour uniques ustensiles, deux ou trois calebasses, une jatte de terre pleine d'eau et deux pots de même substance. Ces sylvestres n'en étaient pas encore aux fourchettes et mangeaient avec leurs doigts. Çà et là, sur une planchette fixée aux parois, des fruits, des racines, un morceau de viande cuite, une demi-douzaine d'oiseaux plumés pour le prochain repas et, pendues à de fortes épines, des bandes d'étoffe d'écorce et d'agoulie.
Un Wagddi et une Wagddienne se levèrent au moment où Khamis et ses compagnons pénétrèrent dans la paillote.
«Ngora!… ngora!… Lo-Maï… La-Maï!» dit l'enfant.
Et le premier d'ajouter, comme s'il eût pensé qu'il serait mieux compris:
«Vater… vater!…»