— Quand?… demanda John Cort.
— Dès ce soir, et, puisque c'est un souverain adoré de son peuple, son peuple lui obéira, et, lorsqu'il nous aura rendu la liberté, on nous reconduira jusqu'à la frontière avec les honneurs dus aux semblables de Sa Majesté wagddienne.
— Et s'il refuse?…
— Pourquoi refuserait-il?…
— Sait-on, mon cher Max?… répondit John en riant. Des raisons diplomatiques, peut-être!…
— Eh bien, s'il refuse, s'écria Max Huber, je lui dirai qu'il était tout au plus digne de régner sur les plus inférieurs des macaques et qu'il est au-dessous du dernier de ses sujets!»
En somme, débarrassée de ses agréments fantaisistes, la proposition valait la peine d'être prise en considération.
L'occasion était propice, d'ailleurs. Si la nuit allait interrompre la fête, ce qui se prolongerait, à n'en pas douter, c'était l'état d'ébriété dans lequel se trouvait la population du village… Ne fallait-il pas profiter de cette circonstance, qui ne se renouvellerait peut-être pas de longtemps?… De ces Wagddis à demi ivres, les uns seraient endormis dans leurs paillotes, les autres dispersés à travers les profondeurs de la forêt… Les guerriers eux-mêmes n'avaient pas craint de déshonorer leur uniforme en buvant à perdre la tête… La demeure royale serait moins sévèrement gardée, et il ne devait pas être difficile d'arriver jusqu'à la chambre de Msélo-Tala-Tala…
Ce projet ayant eu l'approbation de Khamis, toujours de bon conseil, on attendit que la nuit fût close et l'ivresse plus complète dans le village. Il va de soi que Kollo, autorisé à se joindre au festival, n'était pas rentré.
Vers neuf heures, Max Huber, John Cort, Llanga et le foreloper sortirent de leur case.