«Cher ami, êtes-vous satisfait?… demanda ironiquement John Cort à son camarade.
— Ce n'est encore que de l'imprévu, John!
— Sans doute, Max, mais ce qui serait de l'extraordinaire, c'est que nous parvinssions à sortir sains et saufs de cette affaire!
— Oui… à tout prendre, John, mieux eût valu ne point être exposé à cette attaque d'éléphants dont le contact est parfois brutal…
— C'est vraiment incroyable, mon cher Max, comme nous sommes du même avis!» se contenta de répondre John Cort.
Ce que répliqua Huber, son ami ne put l'entendre. À cet instant éclatèrent des beuglements d'épouvante, puis de douleur, qui eussent fait tressaillir les plus braves.
En écartant le feuillage, Urdax et Khamis reconnurent ce qui se passait à une centaine de pas du tertre.
Après s'être sauvés, les boeufs ne pouvaient plus fuir que dans la direction de la forêt. Mais ces animaux, à la marche lente et mesurée, y parviendraient-ils avant d'avoir été atteints?… Non, et ils furent bientôt repoussés… En vain se défendirent-ils à coups de pieds, à coups de corne, ils tombèrent. De tout l'attelage il ne restait plus qu'un seul boeuf qui, par malheur, vint se réfugier sous le branchage des tamarins.
Oui, par malheur, car les éléphants l'y poursuivirent et s'arrêtèrent par un instinct commun. En quelques secondes, le ruminant ne fut plus qu'un tas de chairs déchirées, d'os broyés, débris sanglants piétines sous les pieds calleux aux ongles d'une dureté de fer.
Le tertre était alors entouré et il fallut renoncer à la chance de voir s'éloigner ces bêtes furieuses.