Et, alors, les derniers rangs poussant les premiers, le cercle se rétrécit autour du tertre. Une douzaine d'animaux essayèrent d'accrocher les basses branches avec leurs trompes en se dressant sur les pattes de derrière. Par bonne chance, à cette hauteur d'une trentaine de pieds, ils ne purent y réussir.
Quatre coups de carabine éclatèrent simultanément, — quatre coups tirés au juger, car il était impossible de viser juste sous la sombre ramure des tamarins.
Des cris plus violents, des hurlements plus furieux, se firent entendre. Il ne sembla pas, pourtant, qu'aucun éléphant eût été mortellement atteint par les balles. Et, d'ailleurs, quatre de moins, cela n'eût pas compté!
Aussi, ce ne fut plus aux branches inférieures que les trompes essayèrent de s'accrocher. Elles entourèrent le fût des arbres en même temps que ceux-ci subissaient la poussée puissante des corps. Et, de fait, si gros que fussent ces tamarins à leur base, si solidement que leurs racines eussent mordu le sol, ils éprouvèrent un ébranlement auquel, sans doute, ils ne pourraient résister.
Des coups de feu retentirent encore — deux cette fois — tirés par le Portugais et le foreloper, dont l'arbre, secoué avec une extraordinaire violence, les menaçait d'une chute prochaine.
Le Français et son compagnon, eux, n'avaient point déchargé leurs carabines, bien qu'ils fussent prêts à le faire.
«À quoi bon?… avait dit John Cort.
— Oui, réservons nos munitions, répondit Max Huber. Plus tard, nous pourrions nous repentir d'avoir brûlé ici notre dernière cartouche!»
En attendant, le tamarin auquel étaient cramponnés Urdax et Khamis fut tellement ébranlé qu'on l'entendit craquer sur toute sa longueur.
Évidemment, s'il n'était pas déraciné, il se briserait. Les animaux l'attaquaient à coups de défenses, le courbaient avec leurs trompes, l'ébranlaient jusque dans ses racines.