Max Huber se releva et, sa carabine armée, se glissa sous le taillis.

Khamis et John Cort anxieux se tenaient prêts à le rejoindre s'il le fallait.

L'absence de Max Huber ne dura que trois ou quatre minutes. Il n'avait rien entrevu de suspect, rien entendu qui fût de nature à inspirer la crainte d'un danger immédiat.

«Cette portion de la forêt est actuellement déserte, dit-il. Il est certain que les indigènes l'ont quittée…

— Et peut-être même se sont-ils enfuis lorsqu'ils ont vu apparaître les éléphants, observa John Cort.

— Peut-être, car les feux que nous avons aperçus, monsieur Max et moi, dit Khamis, se sont éteints dès que les mugissements ont retenti dans la direction du nord. Était-ce par prudence, était-ce par crainte?… Ces gens devaient se croire en sûreté derrière les arbres… Je ne m'explique pas bien…

— Ce qui est inexplicable, reprit Max Huber, et la nuit n'est pas favorable aux explications. Attendons le jour, et, je l'avoue, j'aurais quelque peine à rester éveillé… mes yeux se ferment malgré moi…

— Le moment est mal choisi pour dormir, mon cher Max, déclara
John Cort.

— On ne peut pas plus mal, mon cher John, mais le sommeil n'obéit pas, il commande… Bonsoir et à demain!»

Un instant après, Max Huber, étendu au pied d'un arbre, était plongé dans un profond sommeil.