Sur le tapis, enlacés comme deux serpents, Marcel et Sigimer luttaient désespérément. Surpris par l'attaque soudaine de son adversaire, qui avait ouvert à l'improviste une porte intérieure, le géant n'avait pu faire usage de ses armes. Mais sa force herculéenne en faisait un redoutable adversaire, et, quoique jeté à terre, il n'avait pas perdu l'espoir de reprendre le dessus. Marcel, de son côté, déployait une vigueur et une souplesse remarquables.

La lutte eût nécessairement fini par la mort de l'un des combattants, si l'intervention d'Octave ne fat arrivée à point pour amener un résultat moins tragique. Sigimer, pris par les deux bras et désarmé, se vit attaché de manière à ne pouvoir plus faire un mouvement.

« Et l'autre ? » demanda Octave.

Marcel montra au bout de l'appartement un sofa sur lequel Arminius était étendu tout sanglant.

« Est-ce qu'il a reçu une balle ? demanda Octave.

-- Oui », répondit Marcel.

Puis il s'approcha d'Arminius.

« Mort ! dit-il.

-- Ma foi, le coquin ne l'a pas volé ! s'écria Octave.

-- Nous voilà maîtres de la place ! répondit Marcel. Nous allons procéder à une visite sérieuse. D'abord le cabinet de Herr Schultze ! »