—Voilà. Du jour où vous m’avez parlé de Patterson, j’ai eu de la méfiance. Ceroni est incapable d’avoir une idée tout seul, mais Patterson est un finaud. J’ai donc fait surveiller le particulier...
—Par qui? interrompit, en fronçant le sourcil, le Kaw-djer qui répugnait à l’espionnage.
—Par les mousses, répondit Hartlepool. Ils ne sont pas bêtes non plus, et ils ont déniché le pot aux roses. Ils ont pincé en flagrant délit Kennedy hier et Sirdey ce matin, au moment où, profitant de l’inattention de leur compagnon de garde, ils vidaient une moque de rhum dans la gourde de Patterson.
Le souvenir du martyre de Tullia et de Graziella, et aussi la pensée de Halg, firent oublier pour un instant au Kaw-djer ses doctrines libertaires.
—Ce sont des traîtres, dit-il. Il faut sévir contre eux.
—C’est aussi mon avis, approuva Hartlepool, et c’est pourquoi je suis venu vous chercher.
—Moi?... Pourquoi ne pas faire le nécessaire vous-même?
Hartlepool secoua la tête, en homme qui voit clairement les choses.
—Depuis la perte du Jonathan, je n’ai plus d’autre autorité que celle qu’on veut bien me reconnaître, expliqua-t-il. Ceux-là ne m’écouteraient pas.
—Pourquoi m’écouteraient-ils davantage?