—Parce qu’ils vous craignent.
Le Kaw-djer fut très frappé de la réponse. Quelqu’un le craignait donc? Ce ne pouvait être qu’à cause de sa force supérieure. Toujours le même argument: la force, à la base des premiers rapports sociaux.
—J’y vais,» dit-il d’un air sombre.
Il se dirigea en droite ligne vers la tente qui abritait la cargaison du Jonathan. Kennedy précisément venait de reprendre la garde.
«Vous avez trahi la confiance qu’on avait en vous... prononça sévèrement le Kaw-djer.
—Mais, Monsieur... balbutia Kennedy.
—Vous l’avez trahie, affirma le Kaw-djer d’un ton froid. A partir de cet instant, Sirdey et vous ne faites plus partie de l’équipage du Jonathan.
—Mais... voulut encore protester Kennedy.
—J’espère que vous ne vous le ferez pas répéter.
—C’est bon, Monsieur... c’est bon... bégaya Kennedy, retirant humblement son béret.