Le Kaw-djer s’arrêta.

—Je vous écoute, répondit-il dans le plus pur espagnol.

Mais le commandant ne parla pas tout de suite. Les yeux fixes, la bouche entr’ouverte, il dévisageait le Kaw-djer avec une stupéfaction qu’il ne cherchait pas à dissimuler.

—Eh bien?... fit celui-ci impatienté.

—Veuillez m’excuser, Monsieur, dit enfin le commandant. En vous voyant, il m’a semblé vous reconnaître, comme si nous nous étions déjà rencontrés autrefois.

—C’est peu probable, répliqua le Kaw-djer dont les lèvres esquissèrent un sourire ironique.

—Cependant...

Le commandant s’interrompit et, se frappant le front:

—J’y suis!... s’écria-t-il. Vous avez raison. Je ne vous ai jamais vu, en effet. Mais vous ressemblez à un portrait qui a été répandu par millions d’exemplaires, au point qu’il me paraît impossible que ce portrait ne soit pas le vôtre.

A mesure qu’il parlait, une sorte de trouble respectueux assourdissait progressivement la voix, modifiait l’attitude du commandant. Quand il se tut, il avait sa casquette à la main.