L’enfant accourut.
—Je t’avais promis un violon, mon garçon, dit le Kaw-djer. Le voici.
Sand, tout pâle de surprise et de joie, prit l’instrument d’une main tremblante.
—Et c’est un violon qui sait la musique! ajouta le Kaw-djer, car c’est celui de Fritz Gross.
—Alors..., balbutia Sand, M. Gross... veut bien...
—Il est mort, expliqua le Kaw-djer.
—Ça fait un ivrogne de moins,» déclara froidement Hartlepool.
Telle fut l’oraison funèbre de Fritz Gross.
Quelques jours après, un autre décès, celui de Lazare Ceroni, toucha plus directement le Kaw-djer. La disparition du père de Graziella ne pouvait, en effet, que favoriser l’accomplissement des rêves de Halg. Tullia n’appela à son aide que lorsqu’il était trop tard pour intervenir avec quelque chance de succès. Dans son ignorance, elle avait laissé la maladie se développer librement, sans concevoir d’inquiétudes plus vives que de coutume. Savoir que celui à qui elle avait tout sacrifié était irrémédiablement perdu fut pour elle un véritable coup de foudre.
D’ailleurs, l’intervention du Kaw-djer, eût-elle été moins tardive, fût pareillement restée inefficace. Le mal de Lazare Ceroni était de ceux qui ne pardonnent pas. Juste conséquence de sa longue intempérance, la phtisie galopante allait l’emporter en huit jours.