—Des tentes seront mises à votre disposition.

—Et moi, je mets la porte à la vôtre, s’écria Dorick rouge de colère.

Le Kaw-djer s’effaça, démasquant son escorte armée qui était restée au dehors.

—Dans ce cas, dit-il posément, je serai dans la nécessité d’employer la force.

Lewis Dorick comprit d’un coup d’œil que toute résistance était impossible. Il battit en retraite.

—C’est bon, grommela-t-il. On s’en va... Le temps seulement de réunir ce qui nous appartient, car on nous permettra bien, je suppose, d’emporter...

—Rien, interrompit le Kaw-djer. Ce qui vous est personnel vous sera remis par mes soins. Le reste est la propriété de la colonie.

C’en était trop. Dans sa rage, Dorick en oublia la prudence.

—C’est ce que nous verrons!» s’écria-t-il en portant la main à sa ceinture.

Le couteau n’était pas hors de sa gaine qu’il lui était arraché. Les frères Moore s’élancèrent à la rescousse. Saisi à la gorge par le Kaw-djer, le plus grand fut renversé sur le sol. Au même instant, les gardes du nouveau chef faisaient irruption dans la pièce. Ils n’eurent pas à intervenir. Les cinq émigrants, tenus en respect, renonçaient à la lutte. Ils sortirent sans opposer une plus longue résistance.