Dick poussa un ouf! sonore, reprit sa respiration, et repartit de plus belle.

—Le concert, honorables Hosteliens, est gratuit, mais il n’en est pas de même de nos autres marchandises, lesquelles sont, j’ose le dire, plus merveilleuses encore et surtout plus solides. La Maison Dick and Co met aujourd’hui en vente des bouquets et des paniers. Ceux-ci seront de la plus grande commodité pour aller au marché... quand il y en aura un à l’île Hoste! Un cent[4], le bouquet!... Un cent, le panier!... Allons! honorables Hosteliens! la main à la poche, je vous prie!...

[4] Environ cinq centimes.

Ce disant, Dick faisait le tour du cercle, en présentant des échantillons de sa marchandise, tandis que, pour chauffer l’enthousiasme, le violon se mettait à chanter de plus belle.

Quant aux spectateurs, ils riaient, et, d’après leurs propos, le Kaw-djer comprenait qu’ils n’assistaient pas pour la première fois à une scène de ce genre. Dick et Sand avaient sans doute l’habitude de parcourir les chantiers aux heures de repos et de faire ce singulier commerce. C’était miracle qu’il ne les eût pas encore aperçus!

Cependant, Dick eut en un clin d’œil vendu bouquets et corbeilles.

—Il ne reste plus qu’un panier, Mesdames et Messieurs, annonça-t-il. C’est le plus beau! A deux cents, le dernier et le plus beau panier!

Une ménagère versa les deux cents.

—Merci bien, Messieurs et Dames! Huit cents!... C’est la fortune s’écria Dick en esquissant un pas de gigue.

La gigue fut arrêtée net. Le Kaw-djer avait saisi le danseur par l’oreille.