—Mais voilà, on n’en a pas, dit Sirdey avec flegme.
—Le couteau?... suggéra William Moore.
—Excellent pour te faire pincer, le couteau, mon vieux, répliqua Sirdey. Tu sais bien que le Kaw-djer est gardé comme un roi... Sans compter qu’il est de taille à donner du fil à retordre, quand même on s’y mettrait à quatre.
Fred Moore fronça les sourcils et serra les dents, en ponctuant cette mimique d’un geste violent. Sirdey avait raison. Il connaissait la poigne du Kaw-djer et se rappelait combien peu son grand corps avait pesé entre ses mains.
—J’ai mieux que ça à vous offrir, dit tout à coup Dorick au milieu du silence qui avait suivi la réplique de Sirdey.
Ses compagnons se tournèrent vers lui, l’interrogeant du regard.
—La poudre.
—La poudre?... répétèrent-ils tous trois sans comprendre. L’un d’eux demanda:
—Qu’en ferons-nous?
—Une bombe... Ah! le Kaw-djer est, dit-on, un anarchiste repenti. Eh bien! nous emploierons contre lui l’arme des anarchistes.