En une heure il eut pratiqué un trou de taille à lui livrer passage dans le sens de la hauteur. En largeur également, ce trou eût été suffisant, sans un madrier qui le traversait, et qu’il était, par conséquent, nécessaire de couper. Ce fut la partie la plus pénible du travail. Une heure encore fut employée à le mener à bonne fin.
De temps à autre, Kennedy s’arrêtait et prêtait l’oreille aux bruits extérieurs. Tout était tranquille. Aucun appel des guetteurs n’annonçait l’approche d’un danger.
Lorsque le trou fut assez grand, il passa de l’autre côté de la cloison. Là, les choses se compliquèrent. Au milieu des caisses et des marchandises de toutes sortes qui remplissaient l’entrepôt, se mouvoir sans bruit était fort difficile. Une extrême prudence était de rigueur.
Les tonnelets de poudre étaient là, sous ses yeux. (Page 282.)
Où avait-on placé les barils de poudre?... Nulle part il ne les apercevait... Les barils devaient être là, cependant...
Il se mit à leur recherche. Lentement, surveillant le moindre de ses gestes, il s’insinua entre les caisses, obligé d’en déplacer parfois pour gagner du terrain.
Près de deux heures s’écoulèrent. Au dehors, on devait ne rien comprendre à ce retard, et lui-même commençait à désespérer. Il s’énervait. La nuit avançait; le jour ne tarderait pas à se lever. Lui faudrait-il donc partir sans avoir réussi dans une entreprise que trahirait l’effraction de la porte et qu’il serait par conséquent impossible de renouveler?
De guerre lasse, il allait se résigner à battre en retraite, quand il découvrit enfin ce qu’il cherchait. Les tonnelets de poudre étaient là, sous ses yeux. Il y en avait cinq, rangés en bon ordre près d’une porte qui s’ouvrait de l’autre côté dans le poste de police. Kennedy, retenant son souffle, entendait les hommes de veille causer entre eux. Il distinguait nettement leurs paroles. Plus que jamais, il était nécessaire d’agir en silence.