Kennedy souleva un des barils, mais ce fut pour le reposer tout de suite sur le sol. Ce baril était trop lourd pour qu’un seul homme pût l’emporter sans bruit par le chemin compliqué qu’il fallait suivre. Se glissant entre les caisses, il regagna la salle du Tribunal et, passant sa tête dans le trou de la cloison, appela Dorick, dont la silhouette noire se découpait sur la nuit moins profonde de l’extérieur.

Celui-ci se rendit à l’appel du marin.

«Comme tu as été long! dit-il à voix basse, en se penchant vers l’ouverture. Que t’est-il donc arrivé?

—Rien, répondit Kennedy sur le même ton, mais ce n’est pas facile de naviguer là-dedans.

—As-tu les barils?

—Non. Ils sont trop lourds... Il faut être deux... Viens!»

Dorick s’introduisit dans l’ouverture et, guidé par Kennedy, traversa l’entrepôt. Les deux hommes saisirent un des barils, et, le faisant passer par-dessus les caisses, l’amenèrent dans la salle du Tribunal. Dorick, aussitôt, franchit de nouveau la cloison.

«Où vas-tu? demanda Kennedy en étouffant sa voix,

—Chercher un second baril, répondit Dorick. Dépêchons-nous. Le jour va se lever.

—Un baril? répéta Kennedy étonné. Avec celui-ci on ferait sauter Libéria tout entière!