Malheureusement, il n’est pas d’office si merveilleusement garni qu’il ne s’épuise, comme il n’est pas d’appétit si robuste qu’il ne finisse par être rassasié. Par une étonnante coïncidence, ces deux événements se produisirent en même temps, et, phénomène non moins merveilleux, ce fut au moment précis où il ne restait plus une seule pomme de terre.
Sand éprouva un gros chagrin en faisant cette désolante constatation.
—Tu les a toutes mangées!... soupira-t-il d’un air désappointé.
Dick daigna s’expliquer.
—Puisque c’est moi le client... répondit-il comme si la chose allait de soi. Un patron ne mange pas sa marchandise, peut-être!
Mais Sand, cette fois, ne parut pas convaincu.
—En attendant, moi, je n’ai rien, fit-il remarquer tout penaud.
Dick le prit de très haut.
—Non, mais, dis donc un peu que je suis un gourmand!... Et puis, zut! je ne joue plus, là!
—Dick!... implora Sand terrifié par cette menace.