—Jamais tes frères ne sont venus jusqu’ici. Pourquoi sont-ils allés, cette fois, si loin de leur pays?
—Le chef a commandé, dit l’Indien avec calme. Les guerriers ont obéi.
—Mais enfin, insista le Kaw-djer, quel est votre but?
—La grande ville du Sud, répondit le prisonnier. Là, sont des richesses, et les Indiens sont pauvres.
—Mais, ces richesses, il faut les prendre, répliqua le Kaw-djer, et les habitants de cette ville se défendront.
Le Patagon sourit ironiquement.
—La preuve, c’est que toi et tes frères êtes maintenant prisonniers, ajouta le Kaw-djer sous forme d’argument ad hominem.
—Les guerriers patagons sont nombreux, riposta l’Indien sans se laisser troubler. Les autres retourneront dans leur patrie en traînant tes frères à la queue de leurs chevaux.
Le Kaw-djer haussa les épaules.
—Tu rêves, mon garçon, dit-il. Pas un de vous n’entrera dans Libéria.