—Ces bruits étaient fondés, dit le Kaw-djer. S’il m’a plu alors, s’il me convient toujours d’oublier qui je suis, je pense que vous ferez sagement de vous en souvenir. Vous en concluerez, j’imagine, qu’il ne me serait pas impossible de trouver des concours assez puissants pour faire réfléchir le Gouvernement chilien.
L’officier ne répondit pas. Il semblait accablé.
—Estimez-vous, reprit le Kaw-djer, que je sois en situation, non pas de céder purement et simplement, mais de traiter d’égal à égal?
L’officier chilien avait relevé la tête. Traiter?... Avait-il bien entendu?... La fâcheuse aventure dans laquelle il s’était si inconsidérément embarqué pouvait donc tourner d’une manière favorable?...
—Reste à savoir si cela est possible, continuait cependant le Kaw-djer, et de quels pouvoirs vous êtes investi.
—Les plus étendus, affirma vivement l’officier chilien.
—Écrits?
—Écrits.
—Dans ce cas, veuillez me les communiquer, dit le Kaw-djer avec calme.
L’officier tira d’une poche intérieure de sa tunique un second pli qu’il remit au Kaw-djer.