—Si sérieusement, répondit le Kaw-djer, que j’en fais la condition sine qua non de mon consentement au surplus de notre accord. Êtes-vous disposé à l’accepter?
—A l’instant, affirma l’officier.
Les signatures furent de nouveau échangées.
—Nous n’avons plus rien à nous dire, conclut alors le Kaw-djer. Faites rembarquer vos hommes, qui, sous aucun prétexte, ne doivent plus remettre le pied sur l’île Hoste. Demain, le nouveau régime pourra être inauguré. Je ferai le nécessaire pour qu’il ne s’élève aucune difficulté. Jusque-là, par exemple, j’exige le secret le plus absolu.»
Dès qu’il fut seul, le Kaw-djer envoya chercher Karroly. Pendant qu’on exécutait cet ordre, il écrivit quelques mots qu’il plaça sous enveloppe, en y joignant un exemplaire du traité conclu avec le Gouvernement chilien. Ce travail, qui n’exigea que peu de minutes, était depuis longtemps terminé quand l’Indien fut introduit.
«Tu vas charger la Wel-Kiej de ces objets, dit le Kaw-djer qui tendit à Karroly une liste sur laquelle figuraient, outre une certaine quantité de vivres, de la poudre, des balles et des sacs de semences de diverses sortes.
Malgré ses habitudes d’aveugle dévouement, Karroly ne put s’empêcher de poser quelques questions. Le Kaw-djer allait donc partir pour un voyage? Pourquoi alors ne prenait-il pas le cotre du port, au lieu de la vieille chaloupe? Mais, à ses questions, le Kaw-djer ne répondit que par un mot:
—Obéis.»
Karroly parti, il fit appeler Dick.
«Mon enfant, dit-il en lui remettant le pli qu’il venait de clore, voici un document que je te donne. Il t’appartient. Tu l’ouvriras demain au lever du soleil.