«Il s'agissait, dit Tom Marix, de savoir si la Finke-river déversait ses eaux dans ce vaste lac Eyre que nous avons contourné au delà de Farina-Town. Or, c'est précisément à résoudre cette question que l'explorateur David Lindsay consacra la fin de l'année 1885. Après avoir atteint la station de The-Peak que nous avons dépassée, il suivit la rivière jusqu'à l'endroit où elle se perd sous les sables, au nord-est de Dalhousie. Mais il a été porté à croire que, lors des grandes crues de la saison des pluies, l'écoulement de ses eaux doit se propager jusqu'au lac Eyre.
— Et quel développement aurait la Finke-river? demanda Mrs.
Branican.
— On ne l'estimerait pas à moins de neuf cents milles, répondit
Tom Marix.
— Devons-nous longtemps la suivre?…
— Quelques jours seulement, car elle fait de nombreux crochets et finit par remonter dans la direction de l'ouest à travers le massif des James-Ranges.
— Mais ce David Lindsay dont vous parlez, je l'ai connu, dit alors Len Burker.
— Vous l'avez connu?… répéta Zach Fren d'un ton qui dénotait une certaine incrédulité.
— Et qu'y a-t-il d'étonnant à cela? répondit Len Burker. J'ai rencontré Lindsay à l'époque où il venait d'atteindre la station de Dalhousie. Il se rendait à la frontière ouest du Queensland, que je visitais pour le compte d'une maison de Brisbane.
— En effet, reprit Tom Marix, c'est bien là l'itinéraire qu'il a choisi. Puis, ayant regagné Alice-Spring et contourné les Mac- Donnell-Ranges par leur base, il opéra une reconnaissance assez complète de la rivière Herbert, remonta vers le golfe de Carpentarie, où il acheva son second voyage du sud au nord à travers le continent australien.
— J'ajouterai, dit Len Burker, que David Lindsay était accompagné d'un botaniste allemand du nom de Diétrich. Leur caravane ne se servait que de chameaux pour bêtes de transport. C'est ainsi, je crois, Dolly, que vous avez l'intention de composer la vôtre au delà d'Alice-Spring, et je suis certain que vous réussirez comme a réussi David Lindsay…