— Je vous remercie pour elle, répondit Len Burker. Cette générosité…

— Je ne crois faire que mon devoir, reprit M. William Andrew. Et, pensant que l'argent laissé par John avant son départ doit être en grande partie dépensé…

— En effet, monsieur Andrew, répondit Len Burker; mais Dolly n'est pas sans famille, c'est aussi notre devoir de lui venir en aide… tout autant que par affection…

— Oui… je sais que nous pouvons compter sur le dévouement de Mrs. Burker. Néanmoins, laissez-moi intervenir dans une certaine mesure pour assurer à la femme du capitaine John, à sa veuve, hélas!… l'aisance et les soins qui, j'en suis certain, ne lui auraient jamais fait défaut de votre part.

— Ce sera comme vous le voudrez, monsieur Andrew.

— Je vous ai apporté, monsieur Burker, ce que je regarde comme étant légitimement dû au capitaine Branican depuis le départ du Franklin, et, en votre qualité de tuteur, vous pourrez chaque mois faire toucher ses émoluments à ma caisse.

— Puisque vous le désirez… répondit Len Burker.

— Si même vous voulez bien me donner un reçu de la somme que je vous apporte…

— Très volontiers, monsieur Andrew.»

Et Len Burker alla dans son cabinet pour libeller le reçu en question. Lorsqu'il fut revenu dans le jardin, M. William Andrew, très au regret de n'avoir pas rencontré Dolly et de ne pouvoir attendre son retour, le remercia du dévouement que sa femme et lui montraient envers la pauvre folle. Il était bien entendu qu'au moindre changement qui se produirait dans son état, Len Burker en donnerait avis à M. William Andrew. Celui-ci prit alors congé, fut reconduit jusqu'à la porte de l'enclos, s'arrêta un instant pour voir s'il n'apercevrait pas Dolly revenant à Prospect-House en compagnie de Jane, puis, il redescendit vers San-Diégo. Dès qu'il fut hors de vue, Len Burker appela vivement la mulâtresse et lui dit: