Et elle regardait M. William Andrew, dont l'embarras n'était que trop visible.

«Monsieur Andrew, reprit-elle, parlez!… Ne me laissez rien ignorer!… Je désire tout savoir!…

— Eh bien, Dolly, je ne veux point vous cacher un malheur que vous ne tarderiez pas à connaître!… Oui! dans ces derniers temps, la situation de Len Burker s'est aggravée… Il n'a pu faire face à ses engagements… Des réclamations se sont élevées… Menacé d'être mis en état d'arrestation, il a dû prendre la fuite…

— Et Jane l'a suivi?…

— Il a certainement dû l'y contraindre, et, vous le savez, elle était sans volonté devant lui…

— Pauvre Jane!… Pauvre Jane! murmura Mrs. Branican. Que je la plains, et si j'avais été à même de lui venir en aide…

— Vous l'auriez pu! dit M. William Andrew. Oui… vous auriez pu sauver Len Burker, sinon pour lui, qui ne mérite aucune sympathie, du moins pour sa femme…

— Et John eût approuvé, j'en suis sûre, l'emploi que j'aurais fait de notre modeste fortune!»

M. William Andrew se garda bien de répondre que le patrimoine de Mrs. Branican avait été dévoré par Len Burker. C'eût été avouer qu'il avait été son tuteur, et elle se serait peut-être demandé comment en un temps si court — deux mois à peine — tant d'événements avaient pu s'accomplir.

Aussi M. William Andrew se borna-t-il à répondre: