— Oui, répondit le capitaine Ellis, et ce doit être un courant local, qui se dirige à l'est, à moins qu'il n'y ait là qu'un déplacement de marée.
— Je ne crois pas, capitaine, répondit Zach Fren, car, au petit jour — cela me revient en ce moment — j'ai déjà vu quantité de ces sargasses dérivant vers l'amont.
— Maître, vous êtes certain du fait?…
— Comme je suis certain que nous finirons par retrouver le capitaine John!
— Eh bien, si ce courant existe, reprit le capitaine Ellis, il pourrait se faire que l'épave du Franklin fût venue de l'ouest, en longeant la côte australienne.
— C'est absolument ma manière de voir, répondit Zach Fren.
— Alors nous n'avons pas à hésiter, maître. Il faut prolonger la reconnaissance de ces côtes à travers la mer de Timor jusqu'à l'extrémité de l'Australie occidentale?
— Jamais je n'en ai été plus convaincu, capitaine Ellis, puisqu'il est hors de doute qu'il y ait un courant de côte, dont la direction, très sensible, va toucher l'île Melville. À supposer que le capitaine Branican se soit perdu dans les parages de l'ouest, cela expliquerait qu'un débris de son navire ait pu être ramené dans les parages où nous l'avons repêché à bord du Californian.»
Le capitaine Ellis fit venir son second, et le consulta sur la convenance qu'il y aurait de continuer la navigation plus avant dans l'ouest.
Le second fut d'avis que l'existence de ce courant local exigeait qu'elle fût au moins poussée jusqu'à l'endroit où il prenait naissance.