«En effet... hier... dans l'après-midi, répondit lady Piborne.

—Si j'ai bonne mémoire, le comte Ashton, notre fils, nous accompagnait dans la calèche?

—Il nous accompagnait, marquis, et il occupait une place sur le devant.

—Les deux valets de pied ne se tenaient-ils pas derrière?

—Oui, comme il convient.

—Cela dit, marquise, répliqua lord Piborne en approuvant d'un léger mouvement de tête, vous vous rappelez, sans doute, que j'avais emporté un portefeuille qui contenait les papiers relatifs au procès dont nous sommes menacés par la paroisse...

—Procès injuste qu'elle a l'audace et l'insolence de nous intenter! ajouta lady Piborne, en soulignant cette phrase d'une intonation très significative.

—Ce portefeuille, reprit lord Piborne, renfermait non seulement des papiers importants, mais une somme de cent livres en banknotes destinée à notre attorney.

—Vos souvenirs sont exacts, marquis.

—Vous savez, marquise, la façon dont les choses se sont passées. Nous sommes arrivés à Newmarket sans avoir quitté la calèche. M. Laird nous a reçus sur le seuil de sa maison. Je lui ai montré les papiers, j'ai offert de déposer l'argent entre ses mains. Il nous a répondu qu'il n'avait pour l'instant besoin ni des uns ni de l'autre, ajoutant qu'il se proposait de se transporter au château, lorsque le temps serait venu de s'opposer aux prétentions de la paroisse...