Donc P'tit-Bonhomme songeait à partir le lendemain, mais il ne pouvait guère prévoir la circonstance inattendue qui allait précipiter son départ.

On était au 13 juillet. Vers huit heures du matin, après avoir relevé ses pièges, Bob revenait vers le port, sa cage pleine d'oiseaux,—ce qui lui assurait une fort jolie recette pour cette dernière journée.

Il n'y avait encore personne ni sur la grève ni sur la parade.

Au moment où il tournait l'accotement du môle, Bob fit la rencontre de trois jeunes garçons de douze à quatorze ans,—des gentlemen de joyeuse humeur, tenue très élégante, chapeaux de marin rejetés sur l'occiput, vareuses de fine laine écarlate à boutons d'or, estampés de l'ancre réglementaire.

Les oiseaux de Bob réussirent. ([Page 351.])

Bob eut d'abord la pensée de saisir cette occasion d'écouler sa marchandise volante, qu'il aurait le temps de renouveler avant l'heure du bain. Cependant, les susdits gentlemen, avec leur air gouailleur, leurs manières peu engageantes, lui inspirèrent quelque hésitation. Ce n'étaient pas là de ces enfants, garçons ou fillettes, qui faisaient d'ordinaire bon accueil à ses captifs. Ce trio semblait plutôt disposé à se moquer de lui et de son commerce, et il lui parut plus sage de passer outre.

Maintenu sous le genou de P'tit-Bonhomme. ([Page 355.])