Ce qui était arrivé à l'infortuné Eystein allait-il donc arriver à ce téméraire engagé sur les pentes du Rjukanfos?
C'était à craindre. Et, en effet, il s'aperçut du péril, mais trop tard. Soudain, le point d'appui fit défaut à son pied, il poussa un cri, il roula d'une vingtaine de pas, et n'eut que le temps de se raccrocher à la saillie d'une roche, presque à la lisière de l'abîme.
Joël et Hulda ne l'avaient point encore aperçu, mais ils venaient de l'entendre.
— Qu'est-ce donc? dit Joël en se levant.
— Un cri! répondit Hulda.
— Oui!… Un cri de détresse!
— De quel côté?…
— Écoutons! Tous deux regardaient à droite, à gauche de la chute; ils ne purent rien voir. Ils avaient bien entendu, cependant, ces mots: «À moi!… À moi!», jetés au milieu d'une de ces accalmies régulières, qui durent près d'une minute entre chaque bond du Rjukan.
L'appel se renouvela.
— Joël, dit Hulda, il y a quelque voyageur en péril, qui demande secours! Il faut aller à lui…