— Solidement.
— Eh bien, mes amis, je m'en rapporte à vous. Puisque vous avez eu la pensée de me tirer d'affaire, cela vous regarde.
On procéda, ainsi que l'avait dit Joël, prudemment. Si de remonter la croupe ne fut pas sans quelque danger, tous trois s'en tirèrent mieux et plus vite qu'ils ne l'espéraient. D'ailleurs, ce n'était ni d'une foulure ni d'une entorse que souffrait le voyageur, mais simplement d'une très forte écorchure. Il put donc faire meilleur usage de ses deux jambes qu'il ne le croyait, non sans douleur, toutefois. Dix minutes après, il était en sûreté au-delà de la Maristien.
Là, il aurait pu se reposer sous les premiers sapins qui bordent le field supérieur du Rjukanfos. Mais Joël lui demanda un effort de plus. Il s'agissait de gagner une cabane perdue sous les arbres, un peu en arrière de la roche sur laquelle sa soeur et lui s'étaient arrêtés en arrivant à la chute. Le voyageur essaya de faire l'effort demandé, il y réussit, et, soutenu, d'un côté par Hulda, de l'autre par Joël, il arriva sans trop de mal devant la porte de la cabane.
— Entrons, monsieur, dit alors la jeune fille, et, là, vous vous reposerez un instant.
— L'instant pourra-t-il durer un bon quart d'heure?
— Oui, monsieur, et ensuite, il faudra bien que vous consentiez à venir avec nous jusqu'à Dal.
— À Dal?… Eh! c'est précisément à Dal que j'allais!
— Seriez-vous donc le touriste qui vient du nord, demanda Joël, et qui m'avait été signalé au Hardanger?
— Précisément.