Un beau jour, j’allai, avec un de mes amis, visiter une de ces espèces de réductions de l’Exposition universelle.

Sur la chaussée, s’aligne une file interminable de voitures, qui ont amené là d’élégantes visiteuses. A la porte, grande ouverte, il m’est difficile de me frayer un passage, tant est pressée la foule qui se hâte pour entrer ou sortir.

Je réussis, enfin, à pénétrer dans l’immense édifice.

Ce que je vis là, c’était, en effet une Exposition en miniature. Tout ce que l’imagination peut rêver y était accumulé dans un ordre parfait ; depuis les fils de fabrique française, jusqu’aux tapis turcs et aux nattes Chinoises ; depuis le verre de Clichy jusqu’à la glace de Venise. Linge, vêtements, jouets, meubles, bijoux, livres, literie ; que sais-je encore ? L’œil, au premier abord, ne sait où se fixer, sur quel objet porter son attention.

Nous nous dirigeâmes vers le rayon de la soierie, où je voyais briller une immense broderie chinoise.

J’oubliais de vous dire que mon guide avait amené avec lui son fils, âge de six à sept ans, qui paraissait se trouver là comme chez lui et ne partageait en rien mon étonnement.

L’enfant, sur notre passage, avisa un employé de la maison, immobile et qui semblait regarder toute cette foule, pour voir si tout se passait dans l’ordre voulu.

— Je suis sûr que vous voulez savoir s’il y a encore des ballons, fit l’employé, en souriant.

Le jeune garçon ne dit rien : mais ses yeux parlaient pour lui.

Son interlocuteur disparut et revint aussitôt avec un superbe ballon en baudruche, sur lequel se pavanait un oiseau au plumage éclatant. Notre petit ami prit son ballon et nous poursuivîmes notre marche.