La propriété, en Chine, a d’abord été collective, comme elle l’est au début de toutes les civilisations ; puis elle est devenue individuelle, telle que nous la voyons fonctionner actuellement en Europe.

L’appropriation individuelle du sol ne tarda pas à développer une foule d’inconvénients, sur lesquels je n’insisterai pas ; on les a constatés ailleurs, et les livres des économistes regorgent d’arguments pour et contre ce mode de propriété. Quoi qu’il en soit, la situation, en Chine, était devenue insupportable. Il se produisit un courant d’opinion puissant en faveur du retour à la propriété collective.

Nos collectivistes finirent par triompher, et, réorganisant la propriété de la terre sur une nouvelle base, en confièrent l’administration à des directeurs contre lesquels on chercha, bien entendu, à prendre toutes les garanties possibles.

Il arriva ce qui devait arriver. Après un certain temps, les directeurs prirent la place de la collectivité et les simples administrateurs d’autrefois devinrent les seuls propriétaires du sol.

Jamais propriétaires n’avaient été plus tyranniques, plus durs pour la masse des dépossédés.

C’est alors que, vers le troisième siècle de l’ère actuelle, un nouveau mouvement se dessina avec netteté.

Lassé de la propriété individuelle, désillusionné sur la propriété collective, le Chinois chercha et trouva un nouveau mode d’organisation. Par étapes successives, l’État devint seul propriétaire de la terre chinoise, dont l’individu ne put plus être que le simple possesseur.

J’ai dit ailleurs de quelle manière la terre fut alors répartie, entre les agriculteurs. Je ne reviendrai donc pas sur ce sujet.

Voyons maintenant, comment fonctionne le nouveau système.

L’État est propriétaire du sol, qu’il loue à chaque famille moyennant une redevance. C’est cette rente du sol, qui porte le nom d’impôt foncier.