C'est Maurice qui a popularisé par ici ce chant mélancolique auquel sa voix donnait un charme si pénétrant.
Tous nos échos l'ont redit. Alors, il ne savait pas vivre loin de moi. Et moi—pauvre folle—je viens de compter les jours écoulés depuis notre séparation.
Qu'il est déjà loin ce soir, où décidée de ne plus le revoir, je lui dis avant d'aborder l'explication inévitable:
«Maurice, chantez-moi quelque chose comme aux jours du bonheur.»
Il rougit, et je souffrais de son embarras. Ah! les jours du bonheur étaient loin.
Sans rien dire, il alla prendre une guitare (son accompagnement de prédilection), et revint s'asseoir près de moi. Puis, après avoir un peu rêvé, il commença:
«Fier Océan, vallons, etc.»
Nous étions seuls, je laissai tomber l'ouvrage que j'avais pris par contenance, et j'écoutai.
Ce chant, mon père l'aimait et le lui demandait souvent. La dernière fois que je l'avais entendu, c'était dans notre délicieux jardin de Valriant.
Comme le passé revient à certains moments, comme le passé, comme la terre rendent ce qu'ils ont pris!