6 novembre.
«Malheur à qui laisse son amour s'égarer et croupir dans ce monde qui passe; car lorsque tout à l'heure il sera passé, que restera-t-il à cette âme misérable, qu'un vide infini, et dans une éternelle séparation de Dieu, une impuissance éternelle d'aimer.»
7 novembre.
J'ai passé l'après-midi à l'entrée du bois. Le soleil dorait les champs dépouillés, les grillons chantaient dans l'herbe flétrie; toutefois l'automne a bien fait son oeuvre, et l'on sent la tristesse partout. Mais quelle sérénité profonde s'y mêle.
Et pourquoi, dans mon calme funèbre, n'aurais-je pas aussi de la sérénité?
Je me disais cela, et, la tête cachée dans mes mains, je pensais à cet adieu qu'il faut finir par dire à tout—à ce grand et languissant adieu comme parle saint François de Sales.
Puisqu'il faut mourir, ce sont les heureux qu'il faut plaindre.
(Maurice Darville à Angéline de Montbrun)
Ainsi vous persistez à vous tenir renfermée, à refuser de me recevoir, et pour vous je ne suis plus qu'un étranger, qu'un importun.
Angéline, cela se peut-il?