Cette romance de Musset, on l'a retenue de Maurice, et ce chant me rappela à l'amer sentiment de son indifférence.
Que dira-t-il en apprenant ma mort_? Pauvre enfant! Pauvre Angéline!_ Il me donnera une pensée pendant quelques jours puis il m'oubliera.—Il a déjà oublié qu'ensemble nous avons espéré, aimé, souffert.
Encore si moi aussi je pouvais oublier. Et pourtant non, je ne voudrais pas. Il vaut mieux se souvenir. Il vaut mieux souffrir. Il vaut mieux pleurer.
17 mai.
Non, la loi des compensations n'est pas un vain mot. J'ai senti ces joies qui font toucher au ciel, mais aussi je connais ces douleurs dont on devrait mourir.
20 mai.
Douloureuse date! c'est le 20 septembre que j'ai perdu mon père.
Le mauvais temps m'a empêchée de sortir. Je le regrette. J'aurais besoin de revoir la pauvre maison où il fut transporté, après le terrible accident qui lui coûta la vie. Cette maison où il est mort, je l'ai achetée. Une pauvre femme l'habite avec sa famille, mais je me suis réservé la misérable petite chambre, où, il a rendu le dernier soupir.
Toutes les peines de ma vie disparaissent devant ce que j'ai souffert en voyant mourir mon père; et pourtant, ô mon Dieu, quand je veux fortifier ma foi en votre bonté, c'est à cette heure de déchirement que je remonte. Comme ces souvenirs me sont présents!
Il avait tout supporté sans une plainte; mais en me voyant, un profond gémissement lui échappa. Il s'évanouit.