et me contenterai de commenter l’échantillon d’éloquence tribunitienne dont se pourlèchent encore les indigènes de Mauléon !
« Mes Chers Concitoyens »
Début simple, familier aux grands penseurs. Remarquons l’habileté dont M. Papulard évite les formules irritantes. Un pur aux mains sales eût apostrophé : « Citoyens ! » tout court : lui, ne juge pas inutile d’ajouter le préfixe que l’on sait, lorsqu’il est question de ses électeurs.
Le docteur connaît la ponctuation et l’usite avec à propos.
« Je viens solliciter pour le Conseil général vos libres suffrages. »
Notez la magnificence hautaine, la simplicité toute guerrière du discours. La phrase tombe dans un vague lamartinien qui laisse fluer la pensée, en de molles rêveries. Les suffrages que M. Papulard sollicite, les veut-il pour sa personne ou pour le conseil général ? Tout porte à croire cependant qu’il les réclame en faveur de ce dernier.
« Trop souvent, on dénature le caractère véritable du mandat qui incombe au conseiller général, et pour moi, c’est un mandat d’affaires, que j’entends accepter et non un mandat politique. »
D’aucuns esprits grincheux trouveront peut-être la liaison insuffisante entre les deux idées que relie la conjonctive ET : 1o la pensée délicate sur la falsification du mandat ; 2o les intentions particulières de M. Papulard, à l’égard du mandat susnommé. Pour notre part, nous ne voyons en cela qu’une belle hardiesse miraculeusement propre à relever la composition par quelque chose d’imprévu et de passionné.
Autre exemple !
« La politique ! on la mêle à tout et pour tout ! »