Parmi tant de solennités, incompréhensibles à la foule et dont quelques-unes se faisaient juste assez intelligibles pour lui briser le cœur, Noël fut, de tout temps, une exception bienvenue.

Ce jour-là, jour de joie humaine, le foyer domestique avait sa part de liesse et de vénération.

La même bûche qu’allumait à l’autel des Pénates le Romain bien pensant, le feu qu’Athènes gardait, brûlant et pur, au foyer, égayaient, à présent, de flammes roses la vigile de Bethléem.

Un vaste repas groupait la famille entière, conviait à l’oubli des haines, des griefs passés.

Tant de douceur pénétrait les âmes, qu’un lot de bénédictions était offert aux bêtes elles-mêmes. L’Ane surtout, ce compagnon laborieux, l’Ane patient, l’Ane docile et sobre, l’Ane qui, dans l’étable, réchauffa le Nouveau-né, avait un rang d’élection parmi les animaux domestiques. Un office au grand complet se disait à sa louange.

Et dans la bête humiliée autant que débonnaire, le pauvre serf entrevoyait son image, buvant à la coupe de la fraternité.

Donc, après la messe de minuit, un baudet, conduit à l’église processionnellement, s’installait dans le chœur. Un prêtre en chasuble d’or offrait itérativement le sacrifice, tandis que les assistants répondaient aux oraisons prescrites, par le hi-han du roussin :

Hez ! sire asnes, car chantez,

Belle bouche rechignez,

Vous aurez du foin assez