Et de l’avoine à plantez !

« Ici, — dit le Rituel, — chacun pliait le genou. »

Les encensoirs des thuriféraires envoyaient au baudet un hommage de parfums, cependant que le préchantre entonnait, au lutrin, la prose coutumière.

C’est, en latin barbare, un panégyrique du « coursier aux longues oreilles », du palefroi de basse-cour :

« Des confins de l’Orient — clopin-clopant, advint l’Ane, — superbe et robuste aussi — avec des sacs sur le dos.

« Voici, les oreilles hautes — voici le fils lourd bâti — l’Anon egrégore qui — est vraiment le roi des Anes.

« Sa course égale en vitesse — la biche et le daim fuyard ; — il passe les dromadaires — véloces de Madian. »

La tempérance, vertu fondamentale du héros, n’est point omise :

« Traînant plus d’un véhicule — et les sacs pleins jusqu’au bord — ses frugales mandibules — triturent de durs festins.

« L’orge brut, dans son épi — l’Ane broute le chardon — mais, sur l’aire, il sait choisir — le froment pur, hors du chaume. »

Suit le mandat « évangélique » où triomphent tant de courage et d’humilité :

« Encens, baumes précieux — et la myrrhe de Saba, — c’est l’asinaire vertu — qui vous porta dans l’Église. »

Ce chant discors et bigarré a pour coda une strophe de grande allure. Mouvement lyrique fort au-dessus des couplets dont le principal mérite provient des timbres assonnés et des rythmes imprévus, — toutes choses qu’une traduction, même littérale demeure impuissante à révéler :