Ce matin, bien avant l’aube, j’ai dû fuir le lit où je n’avais pas dormi et aller dans le parc.
Je suis de plus en plus sollicité par le côté mystérieux et obscur du monde.
La terre avait le réveil pénible des hommes qui remontent lentement des gouffres du sommeil et du songe, des abîmes de la nuit.
Elle avait l’air d’hésiter, il me semblait qu’elle allait lâcher un secret. L’aile fermée que chacun porte en soi allait-elle se déployer en moi?
Mais non, chaque chose a repris sa place, le soleil s’est levé, et cette inquiétude infinie n’était que dans mon cœur...
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Un grand oiseau de mer, venant on ne sait d’où, a traversé ce soir, vers cinq heures, le ciel d’été, orange et mauve.
Il allait, le cou tendu, sans un frémissement de plumes dans l’azur tiède, comme une grande chose soyeuse et bien lancée.
J’ai entendu le bruit d’un coup de fusil.