Son énorme chapeau trop enfoncé... Banville
Au jardin de Ronsard cueille des roses blanches
Et des œillets qu’il veut offrir au bon Virgile.
Lord Byron à Chénier dit des vers sous les branches...
Hésiode et Gautier ont des barbes pareilles;
Shakspeare et Rabelais dans l’herbe rient ensemble;
Dante, toujours coiffé de capuces vermeilles,
Sur le bras de Balzac pose sa main qui tremble.
Ils sont là tous, dans l’île aux lumières sereines.
Aucun souffle n’émeut les arbres du rivage,
Les heures ne fuient pas et sont élyséennes.
Rarement une barque aborde sur la plage.
C’est l’asile où tout n’est que paix harmonieuse,
Où la table toujours est mise sous les roses
Des rosiers aussi hauts que le pin et l’yeuse;
C’est l’Ile du silence et des apothéoses.
Mais quand passent, venant d’une affreuse bataille,
Dans un lourd battement d’aile vierge et meurtrie
Des âmes de soldats, courbant leur grande taille,
Gœthe et Schiller, pensifs, maudissent leur patrie...
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* *
Je passe aujourd’hui l’après-midi allongé sur mon lit, à regarder le ciel au-dessus des arbres.
Au plus profond, au plus intime de moi, dans ces régions intérieures où ne peut vivre aucun mensonge, il n’y a peut-être que le désir d’en avoir fini vite avec les misères que je traîne, et je me sens soulevé par l’espoir des grandes migrations inconnues.
Tout arrivera sans doute comme je l’imagine.
Un matin ou un soir, lorsque Jean entrera, il me trouvera à cette place, immobile et couché, tel que je le suis maintenant.