Il souleva son bonnet et s’effaça pour me laisser entrer.

—Veuillez me suivre, fit-il, je n’ai pas l’intention d’habiter plus longtemps cette maison et je ne suis pas fâché de la montrer à un connaisseur, avant mon départ.

Il referma soigneusement la porte derrière lui.

Le parc sauvage où je pénétrai était retourné à la nature, et, à travers ce prodigieux fouillis végétal, le vieillard se dirigea vers des herbes foulées, indiquant sans doute le chemin qui devait conduire à la maison. Elle apparut à un tournant comme enchâssée dans les arbres gaufrés d’or par l’automne.

Les marches du perron étaient disjointes et l’herbe poussait drue dans leurs fentes.

Tous les volets étaient clos.

On songeait à ces vieilles demeures où moururent d’une maladie de langueur, parce que leur fiancé avait été tué dans un duel, de touchantes et poétiques jeunes filles appelées Adélazie ou Aloïda, qui portaient des mitaines et des repentirs, et qui lisaient au crépuscule un livre de M. de Lamennais, s’interrompant pour faire le signe de la croix, quand l’angélus venant d’une lointaine chapelle passait, ainsi qu’un ange, sur les murailles couvertes de lierre et de pariétaires.

Le vieux serviteur qui me précédait poussa un battant du portail massif et me fit entrer dans le corridor obscur qui avait une odeur de cave, de fruits, de murs humides et d’ombre.

Je pénétrai derrière lui dans la bibliothèque.