Je fis de mon mieux et à ma connaissance, et je compris que je lui rendais service.

Il me désigna un fauteuil.

—Voulez-vous m’attendre un moment, fit-il, je voudrais vous offrir un verre de vin. Je crois que vous n’en aurez jamais goûté de plus vieux.

Il revint au bout de quelques minutes, portant sur un plateau deux coupes de cristal épais et une bouteille. La poussière et les toiles d’araignées ne cachaient pas complètement un liquide d’un blond lumineux et chaud.

Il en émietta le cachet de cire, avec précaution.

—On n’est jamais sûr, murmura-t-il... j’espère que celui-ci sera bon malgré son âge, qui doit approcher du mien... Vous permettez, monsieur, que je me serve d’abord pour m’assurer?...

Il se versa un doigt d’élixir doré et, la tête renversée, il le huma longuement et le porta à ses lèvres.

—Je pense qu’il ne vous déplaira pas, dit-il en souriant, et il emplit ma coupe jusqu’au bord.

Il fallait une grande complaisance pour comprendre la saveur fanée de ce vin clair et dépouillé, mais je crois que, de ma vie, je n’avais bu pareille liqueur. J’en fis compliment au vieillard.