Évidemment, c’est là du travail de demoiselle, mais il y a aussi tout ce qu’on peut reprocher à Gautier. Je ne suis pas suspect. J’ai écrit il y a longtemps, sur l’auteur d’Émaux et Camées, un livre ébloui d’admiration et je l’ai dédié à Judith Gautier.
J’étais ivre de romantisme et je me garderai bien de me moquer aujourd’hui de ces ivresses. Même lorsqu’on a roulé ses dieux morts dans le linceul de pourpre de M. Renan, on doit se souvenir d’eux avec quelque émotion[E].
Gautier n’eut pas écrit trois lignes intelligentes sur deux pommes de Cézanne dans un compotier. Taine n’eut pas fait mieux, mais je suis sûr que Baudelaire eut compris.
Cézanne m’a rarement parlé de Zola, et j’ai toujours évité de mettre la conversation sur lui, mais dans le livre de M. Ambroise Vollard, il y a un chapitre cruel dont on goûtera l’ironie et l’amertume...
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J’ai voulu reprendre l’Œuvre.
A vingt ans, nous avons tous dévoré les livres de Zola, en trouvant cela rudement fort.
Je sais bien, à présent, que je n’en relirai jamais plus aucun. Il demeure indéniablement un très puissant romancier et l’Assommoir est sans doute un grand bouquin, mais j’ai interrogé quelques amis de mon âge, et ils ont tous été de mon avis. Ils n’aiment plus que quelques gouttes d’élixir dans un cristal, et ni ce breuvage, ni cette coupe ne brillent sur l’étagère du bistrot qui sert du tord-boyau aux zingueurs et aux croque-morts.
Enfin, j’ai voulu relire l’Œuvre, puisqu’on affirme qu’il y a, dans cet ouvrage, Paul Cézanne et quelques-uns de ses compagnons.
Le livre s’est, de lui-même, ouvert sur cette phrase: