«—Hein! n’est-ce pas?... Je vais leur en coller, de la chair, et de la vraie, pas du saindoux comme ils en font!
«—C’est une baigneuse? demanda Sandoz.
«—Non, je lui mettrai des pampres.... Une bacchante, tu comprends!
«Mais du coup, violemment, Claude s’emporta.
«—Une bacchante! Est-ce que tu te fiches de nous! Est-ce que ça existe, une bacchante!... Une vendangeuse, hein? et une vendangeuse moderne, tonnerre de Dieu! Je sais bien, il y a le nu. Alors, une paysanne qui se serait déshabillée. Il faut qu’on sente ça, il faut que ça vive!
«Mahoudeau, interdit, écoutait avec un tremblement. Il le redoutait, se pliait à son idéal de force et de vérité. Et, renchérissant:
«—Oui, oui, c’est ce que je voulais dire... Une vendangeuse. Tu verras si ça pue la femme!...»
J’ai cité cette page de Zola parce que j’ai connu le sculpteur Mahoudeau, qui n’était autre que Philippe Solari, affirmait-on.
Cézanne et lui se tutoyaient, mais le peintre n’avait pas l’air de le prendre au sérieux.
Il ne voyait pas très souvent cet ancien compagnon, à l’époque où j’étais à Aix, et je crois que Solari ne devait pas comprendre grand’chose à la peinture de son ami qui lui reprochait de rechercher la société des Aixois.