PAUL CÉZANNE, PAR LUI-MÊME vers 1875

Aix-en-Provence il avait converti en atelier une grange qui devait dépendre de l’hôtel de Lubières.

Il y avait contre les murs quelques moulages, et, sur une sellette, un buste emmailloté de chiffons secs. Cela ne sentait guère le travail là-dedans. Dans le morne après-midi de ce dimanche provincial, un orphelinat en promenade passait, des cloches sonnaient sur la petite ville endormie, tout semblait saupoudré d’une poussière mortuaire, pâle comme les plâtres: les outils dont on ne devait pas souvent se servir, la chaise qui perdait sa paille, quelques caisses, de vagues choses, et les cheveux de ce vieil artiste sans génie qui avait cru conquérir Paris, dans sa jeunesse...

VI
Souvenirs de Charles Camoin et Lettres de Paul Cézanne.

Le peintre Charles Camoin, que je rencontrai chez Cézanne alors qu’il faisait, comme moi, son service militaire à Aix, a rassemblé dans un article vivant et juste quelques-uns de ses souvenirs.