—Il oppose, pour les différencier, le travail du littérateur à celui du peintre:
«Le peintre concrète ses sensations au moyen du dessin et de la couleur, tandis que le littérateur s’exprime avec des abstractions.» Et déjà il signalait dans ses lettres à Emile Bernard le danger de l’esprit littérateur comme s’il le pressentait:
«Ne faites pas de littérature, faites de la peinture, voilà le salut».
«Les théories sont toujours faciles, il n’y a que la preuve à faire de ce qu’on pense qui présente de sérieuses difficultés.»
—Il n’y avait pas, dans sa pensée, de théorie qui pût s’imposer à l’exclusion de toute autre. Il fallait, disait-il, s’exprimer avec ses sensations, avec son tempérament, se méfier de toutes les influences.
«Les conseils, la méthode d’un autre, ne doivent pas changer votre manière de sentir.
«L’influence des maîtres ne doit être pour vous qu’une orientation, et votre émotion propre finira par emmerger et conquérir sa place au soleil.
«Confiance, c’est une bonne méthode de construction qu’il vous faut arriver à posséder».
—Parmi les anciens, il évoquait souvent le Tintoret, «le plus vaillant des Vénitiens»; Delacroix, dont il avait une aquarelle posée par terre dans la ruelle de son lit, comme une œuvre de chevet, et Courbet qui avait, disait-il, «l’image toute faite dans son œil».
—A propos de Corot, il disait: «J’aime mieux une peinture mieux assise», et il préférait Diaz à Monticelli.