Aix, 29 janvier 1904.

Cher monsieur Aurenche,

Votre sollicitude me touche beaucoup. Je me porte en ce moment assez bien. Si je n’ai pas répondu plus tôt à votre première lettre, l’explication en est facile. Après toute une journée de travail à vaincre les difficultés de la réalisation sur nature, je sens le besoin, le soir venu, de prendre quelque repos, et je n’ai pas alors cette liberté d’esprit qu’il faut en écrivant.

Je ne sais, quand j’aurai l’occasion de remonter à Paris. Si le fait se présente, je n’oublierai pas que je suis attendu à Pierrelatte par des amis.

Si vous venez à Marseille, j’aurai plus sûrement, je crois, le plaisir de vous voir.

Agréez, cher monsieur Aurenche, l’expression de mes meilleurs sentiments,

P. Cézanne.

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Aix, 10 janvier 1905.